L'ENFANT
(G . de Maupassant)
Après avoir longtemps juré qu'il ne se marierait jamais, Jacques Bourdillère avait soudain changé d'avis. Cela était arrivé brusquement, un été, aux bains de mer.
Un matin, comme il était étendu sur le sable, tout occupé à regarder les femmes sortir de l'eau, un petit pied l'avait frappé par sa gentillesse et sa mignardise. Ayant levé les yeux plus haut, toute la personne le séduisit. De toute cette personne, il ne voyait d'ailleurs que les chevilles et la tête émergeant d'un peignoir de flanelle blanche, clos avec soin. On le disait sensuel et viveur. C'est donc par la seule grâce de la forme qu'il fut capté d'abord; puis il fut retenu par le charme d'un doux esprit de jeune fille, simple et bon, frais comme les joues et les lèvres.
Présenté à la famille, il plut et il devint bientôt fou d'amour. Quand il apercevait Berthe Lannis de loin, sur la longue plage de sable jaune, il frémissait jusqu'aux cheveux. Près d'elle, il devenait muet, incapable de rien dire et même de penser, avec une espèce de bouillonnement dans le coeur, de bourdonnement dans l'oreille, d'effarement dans l'esprit. Était-ce donc de l'amour, cela?
Il ne le savait pas, n'y comprenait rien, mais demeurait, en tout cas, bien décidé à faire sa femme de cette enfant.
Les parents hésitèrent longtemps, retenus par la mauvaise réputation du jeune homme. Il avait une maîtresse, disait-on, une vieille maîtresse, une ancienne et forte liaison, une de ces chaînes qu'on croit rompues et qui tiennent toujours.
Outre cela, il aimait, pendant des périodes plus ou moins longues, toutes les femmes qui passaient à portée de ses lèvres.
Alors il se rangea, sans consentir même à revoir une seule fois
Comme on ne croyait guère à sa persévérance, on fit durer l'épreuve tout l'hiver, et c'est seulement au printemps que sa demande fut agréée.
Le mariage eut lieu à
Il était décidé qu'ils ne feraient point le classique voyage de noce. Après un petit bal, une sauterie de jeunes cousines qui ne se prolongerait point au delà de onze heures, pour ne pas éterniser les fatigues de cette journée de cérémonies, les jeunes époux devaient passer leur première nuit commune dans la maison familiale, puis partir seuls, le lendemain matin, pour la plage chère à leurs coeurs, où ils s'étaient connus et aimés.
La nuit était venue, on dansait dans le grand salon. Ils s'étaient retirés tous les deux dans un petit boudoir japonais, tendu de soies éclatantes, à peine éclairé, ce soir-là, par les rayons alanguis d'une grosse lanterne de couleur, pendue au plafond comme un oeuf énorme. La fenêtre entr'ouverte laissait entrer parfois des souffles frais du dehors, des caresses d'air qui passaient sur les visages, car la soirée était tiède et calme, pleine d'odeurs de printemps.
Ils ne disaient rien; ils se tenaient les mains en se les pressant parfois de toute leur force. Elle demeurait, les yeux vagues, un peu éperdue par ce grand changement dans sa vie, mais souriante, remuée, prête à pleurer, souvent prête aussi à défaillir de joie, croyant le monde entier changé par ce qui lui arrivait, inquiète sans savoir de quoi, et sentant tout son corps, toute son âme envahis d'une indéfinissable et délicieuse lassitude.
Lui la regardait obstinément, souriant d'un sourire fixe. Il voulait parler, ne trouvait rien et restait là, mettant toute son ardeur en des pressions de mains. De temps en temps, il murmurait: «Berthe!» et chaque fois elle levait les yeux sur lui d'un mouvement doux et tendre; ils se contemplaient une seconde, puis son regard à elle, pénétré et fasciné par son regard à lui, retombait.
Ils ne découvraient aucune pensée à échanger. On les laissait seuls; mais, parfois, un couple de danseurs jetait sur eux, en passant, un coup d'oeil furtif, comme s'il eût été témoin discret et confident d'un mystère.
Une porte de côté s'ouvrit, un domestique entra, tenant sur un plateau une lettre pressée qu'un commissionnaire venait d'apporter. Jacques prit en tremblant ce papier, saisi d'une peur vague et soudaine, la peur mystérieuse des brusques malheurs.
Il regarda longtemps l'enveloppe dont il ne connaissait point l'écriture, n'osant pas l'ouvrir, désirant follement ne pas lire, ne pas savoir, mettre en poche cela, et se dire: «À demain. Demain, je serai loin, peu m'importe!» Mais, sur un coin, deux grands mots soulignés: TRèS URGENT, le retenaient et l'épouvantaient. Il demanda: «Vous permettez, mon amie?» déchira la feuille collée et lut. Il lut le papier, pâlissant affreusement, le parcourut d'un coup et, lentement, sembla l'épeler.
Quand il releva la tête, toute sa face était bouleversée. Il balbutia: «Ma chère petite, c'est... c'est mon meilleur ami à qui il arrive un grand, un très grand malheur. Il a besoin de moi tout de suite... tout de suite... pour une affaire de vie ou de mort. Me permettez-vous de m'absenter vingt minutes; je reviens aussitôt?» Elle bégaya, tremblante, effarée: «Allez, mon ami!» n'étant pas encore assez sa femme pour oser l'interroger, pour exiger savoir. Et il disparut. Elle resta seule, écoutant danser dans le salon voisin.
Il avait pris un chapeau, le premier trouvé, un pardessus quelconque, et il descendit en courant l'escalier. Au moment de sauter dans la rue, il s'arrêta encore sous le bec de gaz du vestibule et relut la lettre.
Voici ce qu'elle disait:
«MONSIEUR,
«Une fille Ravet, votre ancienne maîtresse, paraît-il, vient d'accoucher d'un enfant qu'elle prétend être à vous. La mère va mourir et implore votre visite. Je prends la liberté de vous écrire et de vous demander si vous pouvez accorder ce dernier entretien à cette femme, qui semble être très malheureuse et digne de pitié.
«Votre serviteur,
«Dr BONNARD.»
Quand il pénétra dans la chambre de la mourante, elle agonisait déjà. Il ne la reconnut pas d'abord. Le médecin et deux gardes la soignaient, et partout à terre traînaient des seaux pleins de glace et des linges pleins de sang.
L'eau répandue inondait le parquet; deux bougies brûlaient sur un meuble; derrière le lit, dans un petit berceau d'osier, l'enfant criait, et, à chacun de ses vagissements, la mère, torturée, essayait un mouvement, grelottante sous les compresses gelées.
Elle saignait; elle saignait, blessée à mort, tuée par cette naissance. Toute sa vie coulait; et, malgré la glace, malgré les soins, l'invincible hémorragie continuait, précipitait son heure dernière.
Elle reconnut Jacques et voulut lever les bras: elle ne put pas, tant ils étaient faibles, mais sur ses joues livides des larmes commencèrent à glisser.
Il s'abattit à genoux près du lit, saisit une main pendante et la baisa frénétiquement; puis, peu à peu, il s'approcha tout près, tout près du maigre visage qui tressaillait à son contact. Une des gardes, debout, une bougie à la main les éclairait, et le médecin, s'étant reculé, regardait du fond de la chambre.
Alors d'une voix lointaine, en haletant, elle dit: «Je vais mourir, mon chéri; promets-moi de rester jusqu'à la fin. Oh! ne me quitte pas maintenant, ne me quitte pas au dernier moment!»
Il la baisait au front, dans ses cheveux, en sanglotant. Il murmura: «Sois tranquille, je vais rester.»
Elle fut quelques minutes avant de pouvoir parler encore, tant elle était oppressée et défaillante. Elle reprit: «C'est à toi, le petit. Je te le jure devant Dieu, je te le jure sur mon âme, je te le jure au moment de mourir. Je n'ai pas aimé d'autre homme que toi... Promets-moi de ne pas l'abandonner.» Il essayait de prendre encore dans ses bras ce misérable corps déchiré, vidé de sang. Il balbutia, affolé de remords et de chagrin: «Je te le jure, je l'élèverai et je l'aimerai. Il ne me quittera pas.» Alors elle tenta d'embrasser Jacques. Impuissante à lever sa tête épuisée, elle tendait ses lèvres blanches dans un appel de baiser. Il approcha sa bouche pour cueillir cette lamentable et suppliante caresse.
Un peu calmée, elle murmura tout bas: «Apporte-le, que je voie si tu l'aimes.»
Et il alla chercher l'enfant.
Il le posa doucement sur le lit, entre eux, et le petit être cessa de pleurer. Elle murmura: «Ne bouge plus!» Et il ne remua plus. Il resta là, tenant en sa main brûlante cette main que secouaient des frissons d'agonie, comme il avait tenu, tout à l'heure, une autre main que crispaient des frissons d'amour. De temps en temps, il regardait l'heure, d'un coup d'oeil furtif, guettant l'aiguille qui passait minuit, puis une heure, puis deux heures.
Le médecin s'était retiré; les deux gardes, après avoir rôdé quelque temps, d'un pas léger, par la chambre, sommeillaient maintenant sur des chaises. L'enfant dormait, et la mère, les yeux fermés, semblait se reposer aussi.
Tout à coup, comme le jour blafard filtrait entre les rideaux croisés, elle tendit ses bras d'un mouvement si brusque et si violent qu'elle faillit jeter à terre son enfant. Une espèce de râle se glissa dans sa gorge; puis elle demeura sur le dos, immobile, morte.
Les gardes accourues déclarèrent: «C'est fini.»
Il regarda une dernière fois cette femme qu'il avait aimée, puis la pendule qui marquait quatre heures, et s'enfuit oubliant son pardessus, en habit noir, avec l'enfant dans ses bras.
Après qu'il l'eût laissée seule, sa jeune femme avait attendu, assez calme d'abord, dans le petit boudoir japonais. Puis, ne le voyant point reparaître, elle était rentrée dans le salon, d'un air indifférent et tranquille, mais inquiète horriblement. Sa mère, l'apercevant seule, avait demandé: «Où donc est ton mari?» Elle avait répondu: «Dans sa chambre; il va revenir.»
Au bout d'une heure, comme tout le monde l'interrogeait, elle avoua la lettre et la figure bouleversée de Jacques, et ses craintes d'un malheur.
On attendit encore. Les invités partirent; seuls, les parents les plus proches demeuraient. À minuit, on coucha la mariée toute secouée de sanglots. Sa mère et deux tantes, assises autour du lit, l'écoutaient pleurer, muettes et désolées... Le père était parti chez le commissaire de police pour chercher des renseignements.
À cinq heures, un bruit léger glissa dans le corridor; une porte s'ouvrit et se ferma doucement; puis soudain un petit cri pareil à un miaulement de chat courut dans la maison silencieuse.
Toutes les femmes furent debout d'un bond, et Berthe, la première, s'élança malgré sa mère et ses tantes, enveloppée de son peignoir de nuit.
Jacques, debout au milieu de sa chambre, livide, haletant, tenait un enfant dans ses bras.
Les quatre femmes le regardèrent effarées; mais Berthe, devenue soudain téméraire, le coeur crispé d'angoisse, courut à lui: «Qu'y a-t-il? dites, qu'y a-t-il?»
Il avait l'air fou; il répondit d'une voix saccadée: «Il y a... il y a... que j'ai un enfant, et que la mère vient de mourir...» Et il présentait dans ses mains inhabiles le marmot hurlant.
Berthe, sans dire un mot, saisit l'enfant, l'embrassa, l'étreignant contre elle; puis, relevant sur son mari ses yeux pleins de larmes: «La mère est morte, dites-vous?» Il répondit: «Oui, tout de suite... dans mes bras... J'avais rompu depuis l'été... Je ne savais rien, moi... c'est le médecin qui m'a fait venir...»
Alors Berthe murmura: «Eh bien, nous l'élèverons ce petit.»
24 juillet 1882
* بــــــــــــــــچـــــه
دومو پاسان
از مدتها پیش ژاک بوردیلر (1) سوگند یاد کرده بود که هرگز ازدواج نکند اما او ناگهان تغییر عقیده داد و این رویداد در فصل تابستان و در ساحل دریا بطور ناگهانی رخ داد !یک روز صبح در حالی که روی شن های ساحل دراز کشیده بود و زنانی را که از آبتنی بر می گشتند می نگریست پاهای کوچکی نظر او را جلب کرد. پاهای ظریف و آراسته ای ! چشمانش را بالا برد و تمام هیکل صاحب پا را دید زد هر چند که او غیر از مچ پا ها و سرش که با یک حوله حمام که به دقت دور خود پیپیده بود چیز بیشتری ندید . بنظر او جذاب و دلربا آمد بنابراین در ابتدا این ظاهر او بود که مفتونش شد و سپس جذب روحیات شیرین و لطیف دختر جوان شد که به سادگی و خوبی گونه هایش با طراوت بود .
او را به خانواده دختر معرفی کردند و آنها خیلی خوشحال شدند او بی درنگ دیوانه وار عاشق شد وقتی که برت لنیس (2) را از فاصله دور روی شنهای زرد رنگ گسترده می دید سوزشی تا ریشه مو هایش حس می کرد وقتی که نزدیک او بود ساکت می شد و قادر به صحبت و حتی فکر کردن نبود قلبش می تپید و گوشش وزوز می کرد و ذهن و خیال او دچار بهت و حیرت می شد . آیا این عشق بود.؟
او نه می دانست و نه می فهمید او اما تصمیم قطعی گرفته بود که این دخترک را به همسری برگزیند.!
پدر و مادر دختر مدتها مردد بودند سوء سابقه و شهرت بد او مانع تصمیم گیری آنها می شد گفته می شد که او یک معشوقه قدیمی دارد یکی از این دل بستگیها که گفته می شد خاتمه یافته اما هنوز اثری از آن باقی مانده است غیر از این هر زن یا دختری که برای کوتاه مدت یا بلند مدت در مسیر او واقع شده بودند دوست داشته بود !بعد همین زنی را که زمانی دوست داشته بود به یکباره رها کرده وحتی برای یک بار دیدن او امتناع می کرد یکی از دوستان او این زن رها شده را در پانسیون خود نگهداری می کرد و در آمد او را تامین می کرد ژاک هزینه را می پرداخت ولی حاضر نبود که درباره او چیزی بشنود حتی وانمود و تلاش می کرد تا نام او را هم نادیده بگیردآن ز ن برایش نامه می نوشت که او هرگز آنها را نمی گشود او هر هفته دست خط کج و معوج و بد زن رها کرده را دریافت می کرد و می شناخت و هر هفته خشم عمیقی در او برعلیه زن فوران می کرد و او فورا پاکت را پاره می کرد بدون آنکه آن را باز کرده باشد و حتی یک سطر آن را خوانده باشد پیشاپیش می دانست محتوای نامه جز ناله و شکایت و سرزنش و ملامت او چیز دیگری نیست .
از آنجائی که هیچ کس به ثبات شخصیتی ژاک باور نداشت آزمودن او تا زمستان به درازا کشید و برت تا فصل بهار موافقتش را اعلام نکرد مراسم ازدواج در اوایل ماه می در پاریس رخ داد.
زوج جوان تصمیم گرفته بودند که به سفر متعارف ازدواج نروند و بعد از مراسم رقص کوتاه دختر عموها و دختر خاله ها که تا ساعت یازده بیشتر طول نمی کشید و برای آنکه مراسم طولانی ازدواج خسته کننده نباشد زوج جوان تصمیم گرفتند اولین شب ازدواج را در خانه والدین دختر بگذرانند و صبح روز بعد به همان ساحلی بروند که برای آنها خیلی دوست داشتنی بود جایی که برای نخستین بار همدیگر را ملاقات کرده بودند و همدیگر را دوست داشته بودند .
شب فرا رسید و در سالن بزرگ رقص ادامه یافت زوج جوان در اتاق پذیرایی خانمها که در آن ابریشمهای روشن آویزان شده بود و نور ملایمی توسط چراغهای رنگی که مانند تخمهای بزرگی از بالا آویزان بودند نشسته بودند از طریق پنجرهوای تازه پنجره وارد اتاق می شد و صورت آنها را نوازش می کرد چون شب گرم و آرامی بود و پر از رایحه بهار بود .
آنها ساکت بودند و دستان همدیگر را گرفته بودند و هر از گاهی دستان همدیگر را بشدت می فشردند عروس با نگاهی رویایی آنجا نشسته بود لبخندی بر لب از این بزرگترین تغییر در زندگی و کمی سرد گم و آماده اشک شوق ریختن ، هر آن از خوشحالی در استانه غش کردن بود معتقد بود که کل دنیا باید بخاطر این تحول بزرگ زندگی او تغییر کند ! و نمی دانست که چرا باید چنین باشد ؟ و احساس می کرد که جسم و روحش تماما در یک خلسه و سستی و بی حالی غیر قابل توصیف و شیرینی فرو رفته است .
مرد با نگاهی مصرانه و لبخند ثابت به زن نگاه می کرد دوست داشت صحبت کند ولی چیزی برای گفتن نمی یافت بنابراین همانجا نشسته تمام احساس خود را با فشردن دست عروس به او نشان می داد گاه بگاه زمزمه می کرد " برت " و هر بار برت چشمانش را بالا می آورد و نگاهی پر شور به او می انداخت آنها برای چند ثانیه به هم می نگریستند و نگاه متنفذ و جذاب زن تا درون مرد نفوذ می کرد .
آنها فکری برای تبادل نداشتند تنهایشان گذاشته بودند اما گاهی بعضی از رقصان یک نگاه سریعی و سری به آنها می انداختند گویی آنها با احتیاط و اعتماد شاهد این ماجرا بودند .
در باز شد و خدمتکار در حالی که سینی ای به دست داشت وارد شد روی سینی نامه ای بود که هم اکنون نامه رسان آورده بود ژاک لرزان نامه را گرفت ترسی مبهم و ناگهانی او را فرا گرفت ترسی مرموز از بد شانسی ناگهانی ، مدت زمان زیادی به نامه نگاه کرد دستخط روی نامه را نمی شناخت جرات با ز کردن آن را هم نداشت و مایل به خواندن آن هم نبود آرزوی سر کشی در او بود که نامه را در جیبش بگذارد و با خودش گفت تا فردا آن را کنار خواهم گذاشت و آن وقت خیلی از اینجا دور شده ام . اما در گوشه نامه دو کلمه " خیلی فوری" که بزرگ نوشته شده بودند و زیر آنها هم خط کشیده شده بود لرزه بر اندام او انداخت . مرد به عروس گفت : عزیزم لطفا مرا ببخشید و در پاکت را باز کرد نامه را خواند کمی رنگش پرید دوباره نامه را خواند و بنظر می رسید که به آهستگی واژه به واژه آن را هجی کرد !
وقتی که سرش را بلند کرد سیمای او نشان می داد که چقدر آشفته است با لکنت گفت : عزیزم این نامه از طرف بهترین دوست من است که دچار مصیبت شدیدی شده است او برای یک موضوع مرگ و زندگی به من احتیاج دارد اگر من شما را برای نیم ساعت ترک کنم مرا می بخشید ؟ فورا بر میگردم .زن لرزان و گیج با لکنت زبان گفت عزیزم برو !زیرا هنوز زمان زیادی نبود که او زنش شده بود نمیتوانست از او علت رفتن را بخواهد مرد ناپدید شد و زن تنها ماند در حالی که به صدای رقص سالن مجاور گوش می کرد.
مرد اولین کت و کلاهی را که دید برداشت و شتابان سه پله یکی پایین رفت وقتی که به خیابان رسید زیر چراغ گازی دهلیز رفت و نامه را دوباره خواند محتوای نامه این بود:
آقا، خانمی به نام راوت ( 3 )از معشوقه های سابق شما که در حال به دنیا آوردن بچه ای می باشد مدعی است که این بچه متعلق به شما می باشد مادر در آستانه مرگ است اما تقاضای دیدن شما را دارد من به خواست خودم این نامه را نوشتم تا از شما بخواهم آخرین خواسته این زن را که بسیار غمگین و شایان ترحم بنظر می رسد بر آورده کنید ارادتمند شما دکتر بونارد (4 )
وقتی که وارد اتاق بیمار شد زن را در حال احتضار دید در نظر اول او را نشناخت دکتر و دو پرستار از او مراقبت می کردند بر روی کف اتاق همه جا سطل های پر از یخ و تکه پارچه های آغشته به خون بود آب فرش را خیس کرده بود دو تا شمع در دفتر و پشت تختخواب روشن بود.بچه در یک تختخواب کوچکی بود و گریه می کرد و هر بار ناله نوزاد سبب می شد که مادر محتضر سعی کند زیر باندهای یخ به خود حرکتی بدهد و بچه را آرام کند .
این زایمان زخم و جراحت کشنده ای بر او وارد کرده بود روح او بدون توجه به تلاش دکتر و باندهای یخی در حال ترک او بود خون ریزی مداوم و بی رحمانه مرگ او را به جلو انداخته بود .
او ژاک را شناخت و سعی کرد تا دستش را بلند کند او چندان ضعیف بود که توان حرکت دستانش را نداشت اما اشک از گونه های رنگ پریده اش سرازیر شد ژاک در کنار تختخواب او زانو زد و دست او را در میان دستانش گرفت و دیوانه وار بر او بوسه زد اندک اندک به صورت لاغر او نزدیک شد در حالی که می خواست صحبت کند یکی از پرستاران با روشن کردن یک شمع دیگر فضای اتاق را روشنتر ساخت.و دکتر از انتهای اتاق ناظر آنها بود سپس زن با صدایی که انگار از دور دست به گوش می رسید گفت : من دارم می میرم ! عزیزم به من قول بده که تا آخرین لحظه در کنار من باشی .آه اکنون من را ترک نکن ! در آخرین لحظات زندگی ام من را رها نکن .
مرد پیشانی و موهای او را بوسید و با چشمانی گریان زمزمه کرد و گفت ناراحت نباش من خواهم ماند .
چند دقیقه ای گذشت تا زن دوباره بتواند صحبت کند چون بسیار ضعیف بود سپس او ادامه داد : این کوچولو مال شماست ! من در پیشگاه خدا قسم می خورم ، در حالی که دارم می میرم سوگند یاد می کنم که من هرگز مرد دیگری را دوست نداشته ام ولی تو باید به من قول بدهید که از بچه محافظت و نگهداری کنید .
مرد می خواست این پیکر رنجور و درد کشیده را در میان بازوانش بگیرد دیوانه از پشیمانی و ندامت و درد زمزمه کرد : من قسم میخورم که او را بزرگ کنم و ازش نگهداری کنم هرگز او را رها نخواهم کرد.
سپس زن سعی کرد تا ژاک را ببوسد ناتوان از بلند کردن سرش ،لبان سفیدش رادر آرزوی بوسیدن او نگه داشته بود و ژاک برای پاسخ به این خواست رقت انگیز لبانش را جلو آورد.به محض انکه زن اندکی احساس آرامش کرد به ژاک گفت : بچه را اینجا بیاور تا ببینم که آیا دوستش دارید ؟
مرد رفت و بچه را آورد و او را مابین هر دو شان گذاشت نوزاد ساکت شد زن زمزمه کرد : دیگر حرکت نکن ! او آرام شده است و مرد همانجا ایستاد و در دستان گرم خود ش دستان سرد و یخ زده او را که در سرمای مرگ می لرزید گرفت همانطوری که مدتها قبل این دستان را با تپش های عاشقانه در دست می گرفت هر از چند گاهی مرد به ساعت نگاهی می انداخت که نیم شب را نواخت سپس ساعت یک ، ساعت دو ......
دکتر برگشت دو تا پرستار پس از مدتی حرکت بدون صدا در اتاق روی میزها به خواب فرو رفته بودند بچه بیدار بود و مادر هم با چشمان بسته ،بنظر می رسید که در حال استراحت بود.
ناگهان به محض انکه روشنایی پریده رنگ سپیده دم به پشت پرده ها خزید زن با چنان سرعتی دستانش را به اطراف دراز کرد که تقریبا با تمای بدن رو کف اتاق افتاد و صدای خرخر از گلویش شنیده می شد بعد بی حرکت به پشت دراز کشید و مرد .
پرستاران به سمت جلو خیز برداشتند و گفتند : همه چیز تمام شد.
مرد یکبار دیگر نگاهی به این زنی که این همه او را دوست داشته بود انداخت و سپس به ساعت نگاه کرد که داشت روی عدد چهار بود مرد بچه در بغل با لباس عصر در حالی که کتش را فراموش کرده بود دوان دوان از آنجا خارج شد.
بعد از آنکه مرد زن جوانش را به مقصذ بیمارستان ترک کرده بو د عروس جوان در ابتداء به اندازه کافی در اتاقش صبر کرده بود بعد وقتی که دید مرد بر نگشت با ظاهری بی تفاوت به سالن پذیرایی برگشت اما بشدت نگران و مضطرب بود وقتی که مادرش او را تنها دید از او پرسید : پس شوهرت کجاست؟ دختر جواب داد که او در اتاقش هست همین حالا می آید.!
پس از یک ساعت وقتی که همه او را مورد سئوال قرار دادند او ماجرای نامه و آشفته شدن ظاهر ژاک وترس از تصادف را برای آنها توضیح داد.
آنها هنوز انتظار می کشیدند مهمانها آنجا را ترک کردند تنها اقوام نزدیک ماندند نیمه های شب عروس به رختخواب رفت در حالی که به تلخی می گریست مادر و دو خاله او ساکت و نومید در کنار تختخواش نشسته بودند و به گریه او گوش می کردند.پدر به ایستگاه پلیس رفت تا شاید خبری از او به دست بیاورد.
ساعت پنج صبح صدای ضعیفی در راهرو شنیده شد در به آرامی باز وبسته شد ناگهان صدای گریه ضعیفی همچون میو میو کردن گربه ای در سرتاسر خانه ساکت و آرام شنیده شد !
همه زنان و پیشاپیش آنها برت به سمت جلو پریدند برت در حالی که حوله حمام پوشیده بود خاله هایش را کنار زد .
ژاک با رنگی پریده و نفسی بریده در حالی که بچه را در بغل داشت در وسط اتاق ایستاده بود چهار زن با شگفتی به او نگاه می کردند اما برت که ناگهان شجاعت خود را باز یافته بود با قلبی مملو از درد به جلو دوید و فریاد زد این چیست !؟ موضوع چیست ؟
مرد مات و حیران به دور و بر خود نگاهی کرد و مختصر پاسخ داد:
من...من بچه دار شدم ولی مادرش همین حالا در گذشت !
وبا دستان لرزانش بچه را رو به جلو نگه داشت .
بدون حتی یک کلمه برت بچه را گرفت او را بوسید و در آغوشش فشرد سپس چشمان غرق در اشکش را به سوی شوهرش گرداند و پرسید :گفتی که مادر این بچه مرده است ؟ مرد پاسخ داد : بله....همین حالا ، ودر میان بازوان من... ،من از تابستان با او بهم زده بودم ! من هیچی نمی دانستم !دکتر به دنبال من فرستاده بود.
برت زمزمه کرد : خوب ! ما بچه را بزرگ خواهیم کرد .
تمرین ترجمه ای از خودم
(* ) در یک جا عنوان داستان " هدیه ازدواج " است .
Berthe Lannis 3- Ravet 4 - Dr Bonnard - 2 - Jacques Bourdillèr1

